1) sur un point physique
2) Un état : la présence à soi-même.
Différents degrés, sommeil, automatismes, habitudes "nous sommes mécaniques au trois-quarts de nos actions" [Liebniz], la conscience éveillée (vive), et la concentration (énergie consciente concentrée sur un point, état temporaire).
3) registre moral. Nous permet d'établir des valeurs sociales, culturelles acquises par l'éducation et règles de conduite.
I- Propriétés de la conscience.
A) Un phénomène proprement humain?
Animal n'a pas de conscience telle celle de l'homme. Mais il n'est pas une machine. Il a un instinct (-> ensemble de réponses communes à une même espèce, face à des sollicitations internes ou externes). Relatives aux besoins de survie. Il possède aussi un système sensoriel : ressent le plaisir et la douleur + doté d'une mémoire : établit des rapports entre certaines perceptions (d'où le dressage). -> Mais il ne le sait pas. Sa conscience est relative à son équipement sensoriel et cérébrale.
La conscience humaine : la plus développée et complexe. Fondamentale -> sa capacité de représentation (présenté à nouveau -> entre représentation visuelle et mentale, écart de la pensée -> pas la chose-même mais l'idée de cette chose dans la conscience ou le souvenir dans la mémoire). Représentation suppose une mémoire et des images identifiées (perceptions répétées), un jugement (pour faire le lien entre différentes perceptions et une nouvelle), le langage (pouvoir d'identification linguistique) car la perception visuelle -> par les images, mais la perception mentale -> par les mots.
être capable de représentation : prise de distance avec l'objet, me le représenter en son absence ≠ animal : percevoir pour réagir (son temps : le présent).
Humain : certaine maîtrise du monde car la représentation permet de prévoir et d'anticiper les actions.
"conscience" vient de CUM SCIENTIA -> "avec la connaissance". J'ai la conscience de ceci = j'ai sa représentation.
B) la conscience réfléchie
1) le stade du miroir
-> conscience : capacité de représentation + se représenter comme sujet capable de représentation.
Conscience réfléchie = conscience de soi. Il faut avoir conscience de soi-même pour avoir conscience d'une chose et de son existence.
Sa nature : savoir familier, intime, constitué d'informations physiques et psychologiques. Mais ≠ d'une conscience totale de soi.
Elle n'est pas innée. Le nourrisson se ressens à l'intérieur de soi-même. Puis, "le stade du miroir" (ou phase spéculaire) selon Lacan, concept révolutionnaire de 1936.
-> cherchait les débuts de la structuration subjective de l'enfant. Pour lui, a lieu entre 6 et 18 mois. À ce moment, encore en état de dépendance, d'impuissance et d'incoordinations motrices (+vit son corps de manière fragmenté, pas comme unifié : ne fait pas complètement la différence entre son corps et celui de sa mère, ni celui d'autres êtres humains). Il frappe l'objet qui l'a blessé. Il est animiste (pensée magique : les objets sont vivants et animés des mêmes facultés que les siennes).
Puis, se reconnaît dans la glace pour la première fois, assisté par un Tiers. Nouveau départ : perception d'une totalité à laquelle il s'identifie. Autosatisfaction (+relation intersubjective avec le Tiers qui lui confirme sa trouvaille, progressivement le "je").
Deux enjeux :
1) conscience de soi se développe par l'extériorité (-> s'identifie si c'est confirmé) : reconnaissance de soi passe par reconnaissance d'autrui.
2) le stade du miroir est une identification imaginaire : par un reflet -> s'identifie à une image qui ne correspond pas à la manière dont il se ressent. Perçoit le décalage. Stade jubilatoire mais aussi angoissant. -> Il sait désormais qu'il est visible (il voyait les choses).
Ainsi, "je ne me vois moi-même qu'en me dédoublant". Se regarder dans un miroir = s'objectiver. Sans se voir, s'éprouve juste de l'intérieur. Se ressent mais comment apparaît à autrui? Mon reflet = moi et ce que je véhicule à autrui (notre existence, attentif à cette image car prise de conscience que nous sommes voyants et visibles). Dramatique : autrui nous accorde une valeur. Plaire à autrui, exigence naturelle car rapport à autrui passe d'abord par la présentation du corps. Mais l'humain n'est pas réductible à l'apparence (sinon -> Objet et ≠ Sujet).
-> A partir du stade du miroir, fondamental, l'enfant passe de la 3° personne à la 1ère. Il conquiert une identité propre, il s'est intériorisé. Il peut maintenant construire son identité.
2) les caractéristiques de l'identité.
Kant, dans anthropologie d'un point de vue pragmatique : " Posséder le "je" dans sa représentation, ce pouvoir élève l'homme infiniment au-dessus des autres êtres vivants sur la Terre. Par là, il est une personne; et grâce à l'unité de la conscience, dans tous les changements qui peuvent lui survenir, il est une seule et même personne, c'est à dire un être entièrement différent par le rang et la dignité, de choses comme le sont les animaux sans raison, dont on peut disposer à sa guise".
Caractéristiques que Kant donne à l'identité (-> personne ne dit "je" à ma place, individu irremplaçable, singulier) :
1) "la permanence dans le changement". "je" malgré le changement. Me maintiens en me modifiant (mes goûts). Nos expériences nous transforment, nous font mûrir, nous perfectionnent. Mais une personnalité s'appréhende dans la continuité. Notre personnalité : une accumulation.
2) l'unité et l'unicité : Unicité car tout individu est singulier. Unité car malgré la multiplicité de sensations, je suis un. Tout se ramène à un même foyer de conscience, moi-même.
3) la dignité : homme ≠ animalité. Titulaire de droits (dont le premier = respect de son humanité). Un être sensible et de raison : exige des égards pour lui-même. C'est pourquoi l'homme peut disposer de l'animal selon Kant. Au cours du 20° siècle, la conception de l'animal s'est modifiée : adoucie car il ressent plaisir et douleur.
C) l'être conscient comme sujet de la connaissance et de la vérité.
Descartes (16° siècle) français. Fondateur de la science et de la philosophie modernes. Avant, les philosophes commentaient Platon/Socrate : les scolagiens. Puis Montaigne (avec les Essais) : rupture et renouvellement total avec Descartes.
Cherche un fondement ferme à la vérité. Discours de la méthode.
Thèse : le fondement de la vérité se situe dans l'intériorité d'une conscience et d'une pensée, qui se prend comme objet d'étude. La première certitude : je pense. (->"ego cogito").
Enjeu : en opposition avec les septiques. Il veut les convaincre
Implique la distinction radicale entre la substance pensante (l'âme) et la matérielle (le corps).
I) le doute radical
Point de départ, doute des témoignages sensoriels. Constatations : nous avons déjà été leurrés par nos sens ( morceau de cire -> besoin du jugement pour rectifier une erreur des sens : "les sens se trompent"). Il décide donc volontairement que les sens ne sont pas le fondement de la vérité.
Des cartes est un rationaliste : pense que nos connaissances se produisent et se vérifient grâce à la raison (≠ empiriste : les sens, puis la raison).
Puis il remet en doute la véracité de ce qu'il a appris (+ croyance, adhésion). Car impossible de vérifier toutes les vérités rationnelles qu'il sait. Ils les rejette donc. Il cherche une vérité apodiptique (certaine).
Il décide donc de faire le vide absolue dans son esprit. Penser pour Descartes = se dessaisir de tout ce qui vient de l'extériorité -> solitude absolue. Ainsi, douter = premier pas vers la réflexion.
"nous avons été enfant avant que d'être homme" [Descartes]. L'enfant en nous est crédule, il a appris par les autres dans la naïveté. Adulte : capable de soupçonner. L'enfant croit, l'adulte soupçonne -> passe par une phase de scepticisme. La croyance empêche l'exercice de la pensée. (adulte se fait manipuler : politique, pub, mode...). Le pris de la liberté individuelle passe par le courage de ne faire confiance à rien.
II) Le Cogito comme première certitude.
Vide intégral cesse aussitôt après la remise en doute. "Je doute, mais ce doute est formulé par un sujet doutant". Il est l'exercice d'un sujet pensant.
Je doute, donc je pense, donc je suis.
Grâce au doute : première certitude, "je pense, donc je suis" est le premier principe.
Il utilise le doute autrement que les septiques -> doute cartésien) :
Il est volontaire, méthodique, radical, hyperbolique, provisoire, instrumental (instrument intellectuel qui parvient à des connaissances). Il n'est donc pas naturel.
≠ doute septique : Montaigne dit "que sais-je?". Le septique radical : il ne faut rien affirmer, ni nier. Parle sous la forme interrogative et pense qu'aucune vérité puisse être atteinte par l'homme.
Descartes : si le septique veut être logique avec lui-même, il ne peut affirmer qu'une chose est douteuse.
Il reste à déterminer la nature de ce "moi" qui pense.
III) Qu'est-ce que le moi?
1) trois expériences :
- pour penser la nature du cogito, il faut une extrême concentration : Feindre la mise en suspens des substances matérielles : il ne reste que la pensée (car impossibilité de feindre l'être pensant car feindre = acte de pensée). Si je ne pense pas, je n'ai pas de preuve de mon existence (ex : sommeil ou coma).
2) implications :
- l'indépendance, l'autonomie de la pensée : distinction radicale du corps et de l'âme. "je suis une substance pensante, indépendante du corps". Aucun humain n'est réduit à son corps car tempérament, intelligence, sensibilité. Mais je suis responsable de mes pensées.
Pour Descartes, les animaux sont substances matérielles et Dieu spirituelle. L'homme : les deux, mais pas unies.
De nos jours inversion : connaissance du corps plus élaborée que celle de l'âme.
-> Chez Descartes, la conscience, position fondatrice. Fonde l'humain, avec des valeurs. Par sa conscience, l'homme s'approprie l'univers naturel. Elle donne sens au monde et permet à l'humain d'être spectateur (appréhender avec du recul).
Mais la conscience humaine ne se développe qu'au travers de la rencontre avec autrui.
II- Conscience et intersubjectivité
A) La présence d'autrui
Conscience avec maîtrise du langage -> accès à sa conscience dans un milieu social car l'être humain est un être social. + la langue est un système produit par la culture des hommes, signes dont on hérite et que l'on apprend. C'est donc au milieu d'autres et dans l'élément du langage que notre conscience se constitue.
Cas rares d'enfants sauvages nous enseigne la nature de l'homme à l'état naturel, l'être humain non éduqué.
-> ex de Victor : fin du 18°, retrouvé dans les bois. Ramené à Paris par le docteur Itard pour faire son éducation. Il crie, geint mais ne parle pas. Ne paraît aucun sentiment. Crises. Mais une affection humaine apparaît, jalousie, tendresse, affection. Il ne parlera jamais et meurt vers 20ans d'une maladie. Sa conscience n'a pas fait l'objet d'une éducation humaine et était donc quasi-inexistante.
La nature s'occupe du corps de l'homme et produit son animalité, mais les facultés humaines doivent avoir le concours d'autres pour se développer.
Qu'est-ce qu'autrui? le tout autre. Il est un "je", une identité, il possède les mêmes caractéristiques. Mais c'est un autre "je. Je peux communiquer avec lui, mais pas fusionner dans ses ressentis. Ex : expérience de la déception.
Nous pouvons nous identifier à autrui car mêmes conditions d'existence, langue commune, ou participer à sa souffrance, grâce à la pitié, et la compassion. Rousseau, dans L'Emile considère la pitié comme un sentiment naturel, antérieur à toute réflexion, et preuve de notre capacité à nous identifier au sentiment d'autrui.
Selon Rousseau, répugnance naturelle de l'homme à voir souffrir son semblable. Par projection à la place de l'être souffrant. Pitié -> désir de secourir autrui et participe symboliquement à la souffrance (compassion). Première Maxime sur la pitié : "il n'est pas dans le coeur humain de se mettre à la place des gens qui sont plus heureux que nous, mais seulement de ceux qui sont plus à plaindre". Ainsi, le bonheur des autres ne produit pas la pitié mais de l'envie.
Deuxième maxime : "On ne plaint jamais dans Autrui que les maux dont on ne se croit pas exempt soi-même" . Experience de la souffrance = nous la supportons pas non plus en autrui -> il faut avoir souffert pour connaître la pitié. Mais pitié ≠ altruisme : car elle part de soi, projection dans qutrui que je considère comme mon semblable (ex du raciste indifférent à l'égard de la souffrance d'un étranger : ne le considère pas comme semblable).
1) pitié, transporter sa sensibilité à la douleur au ressentis d'autrui. Pas la même douleur, mais mêmes effets.
2) autrui comme semblable : immitation. Pour Aristote, dans La Poétique, c'est une tendance naturelle des hommes, dès l'enfance. Ils apprennent en immitant. Mimétisme. Le langage par exemple + la personnalité se forme avec une infinité de modèles. -> Immitation constante réservée à l'homme (animaux cesse dès leur très jeune âge) car il est en constat devenir. Plaisir à s'imiter les uns les autres (ex : théatre sur les passions humaines) et l'identification au personnage.
B) la Reconnaissance
Désir de reconnaissance, origine des rapports humains, sociaux, amicals, amoureux, professionnels... J'éprouve interieurement que je suis une conscience, mais besoin de confirmation constant. Sans reconnaissance de ma valeur, pas de confiance en moi. Kant : "Maîpriser les hommes finit par les rendre méprisable" -> À force, on le devient + certitude d'être ce que je suis : subjective car besoin d'autrui pour me définir, son jugement et l'évaluation du degré d'objectivité de son jugement.
Théorie de Sartre sur la Honte. Par la honte, j'ai conscience qu'autrui à conscience.
Sentiment : on rougit, on ne sait plus où se mettre, abaissement, humiliation. Plusieurs contextes : le corps (phénomène culturel) et l'intimité, le moral (après une faute morale).
"La honte est toujours honte devant quelqu'un". Geste vulgaire devant autrui : honte de moi tel que j'apparais à Autrui (donc ≠ solitude). Je ne peux plus cacher ce que je voulais soustraire au regard d'autrui, obligation d'assumer (à peu près comme un aveu). La honte se situe dans un mouvement de subjectivation, elle me renvoie à l'acte, mais aussi à la désubjectivation car Autrui peut me réduire, m'identifier tout entier à mon geste (ex une parole vulgaire = une personne vulgaire). Ainsi, l'homme a inventé la pudeur, universelle. (Adam et Eve : pas de pudeur, vivent nus, jusqu'au péché).
-> nous refusons d'être ramené à notre corps, de ne pas nous livrer vulnérable à la puissance d'autrui. La pudeur est une protection de sa subjectivité. (ex des camps, ôter la pudeur, les raser, nus -> détruire leur sujet singulier, l'identité, jusqu'à leur propre mort : collective et anonyme, en masse). La pudeur violée -> honte.
+ quelqu'un peut nous faire honte.
Conclusion : Honte doit-être pensée selon le double mouvement : subjectivation et desubjectivation, s'articulant avec Autrui comme témoin (celui capable de m'assigner plus ou moins de valeur).
C) l'adversité
Hegel philosophe Allemand (fin 18°s - début 19°s) penseur de la question de la reconnaissance. Phénoménologie de l'esprit (phénomène : ce qui apparaît et se manifeste), notamment la dialectique du maître et de l'esclave qu'il nomme Domination et servitude. Lutte pour la reconnaissance. Point de départ, le postulat, la conscience existe pour elle même tant qu'elle n'est pas reconnue comme conscience par une autre conscience de soi, un égal. Pour Hegel, c'est le dédoublement, on existe quand on peut se mirer dans un autre. Nous dépendons de ce qui n'est pas nous.
Acte I)
Deux conscience, la A et la B. La A est reconnue par la B, elle se lit comme conscience A dans le regard de B, elle fait donc de B son miroir. B n'est donc qu'un simple reflet de A et pour A, B n'existe qu'en tant que reflet d'elle même. Conscience unilatérale -> B n'est qu'un reflet et A ne trouve pas de véritable satisfaction : elle n'existe que par B, dépendante. B à tout pouvoir.
-> impasse : aucune satisfaction, situation bloquée. Elles se battent.
Acte II)
Lutte à mort pour la reconnaissance. Mais si l'une meurt, l'autre voit son existence annulée. L'une se soumet, par peur de perdre la vie, l'autre préfère la mort que la servitude.
-> La conscience apeurée devient l'esclave de l'autre.
Ainsi se pose la figure du maître et de l'esclave. Le maître le devient par courage. Idéal héroïque car sa noblesse se situe dans son courage.
-> rapport inégal. Car l'esclave renvoie au maître l'image d'un homme libre, mais falsifiée car non volontaire et médiatisée par l'intérêt + conscience servile -> sans valeur.
Donc nouvelle impasse.
Acte III)
L'esclave travaille et le maître vit de son travail. Il est donc dépendant de son esclave et ce dernier se reconnaît lui-même dans son travail en extériorisant ses aptitudes.
Pour Hegel, le travail de la nature des choses est un travail sur soi. Ainsi, l'esclave ne vit pas pour rien, il se réalise. Par son travail, il devient le maître du maître et ce dernier devient l'esclave de l'esclave.
Conclusion : 1) la conscience de soi n'existe que dans le dédoublement de soi. 2) rapports humains essentiellement conflictuels : les hommes cherchent une réciprocité de reconnaissance (rapports paisibles = reconnaissance mutuelle). 3) reconnaissance obtenue par autrui directement est médiatisée par l'acte, le travail. Moins reconnu pour ce que je suis que pour ce que je fais -> difficile d'évaluer ce que je suis ≠ ce que je fais peut avoir une valeur objective, être détaché de moi.
D) l'énigme du moi
Pascal, philosophe français du 17°s, Janséniste. Comment définir la nature du Moi? Qu'aime-t'on en autrui lorsque l'on pense aimer?
Thèse : Concept du Moi indéfinissable car il change toujours.
Enjeu : Si le Moi est une énigme, et que j'aime un Moi. Est-ce un leurre?
I) L'approche du Moi en extériorité
Une foule est anonyme, un moi dans une foule est une unité numérique, parmi tant d'autres. Un passant = être humain interchangeable, regard d'autrui me réduit à un Moi vide.
II) Le Moi saisit par ses qualités physiques et morales
Aimer, c'est aimer quelqu'un en particulier (exclusivité) mais qu'est ce qu'on aime dans l'autre? Un rapport au monde commun.
Je suis un ensemble de qualités physiques (Être vu, apparaître). Qualifier ce que nous voyons (beau, laid..). Pascal oppose le caractère éphémère (contingent = non nécessaire) à la constance du moi. Je change physiquement, mais je suis toujours Moi (idem pour intellectuel : maladie, vieillesse (mémoire))Ainsi de l'amour, tourné vers des qualités physiques, n'en ait pas. Aimer de manière parcellaire (pour telle ou telle qualité car elles sont accidentelles). Nous aimons quelqu'un pour sa différence, pour les qualités qui le contrastent avec celles des autres (élection).
-> distinction entre personne et personnalité (qualités en devenir) + impossible d'identifier un Moi à ce qu'il a (corps, esprit...) mais il faut le faire pour ce qu'il est.
Mais où est le Moi? Qu'est ce que le Moi (si ce n'est ni le corps, ni l'esprit)? Existe-t'il?
Sartre dans Les Mots : "le Moi est notre plus long mensonge" -> On veut être aimé pour nous-même mais on ne sait pas ce qu'on est.
-> question sans réponse. Le Moi est une énigme.
III) Qu'est ce que l'amour?
On ne peut pas aimer "abstraitement" : donc aporie (Socrate def comme le caillou dans la chaussure qui empêche d'avancer).
1) ex : si j'aime quelqu'un pour son humour, je pourrais aimer quelqu'un d'autre qui a la même qualité : j'aime la qualité.
2) Je ne peux pas aimer quelqu'un pour rien (sauf une mère) indépendamment de ses qualités car elles sont ce qui le distingue d'autrui.
-> texte aporétique que Pascal ne dépasse pas.
Il désigne le Moi comme un inaccessible sujet permanent. Pour Descartes, c'est une substance. Pour Pascal, le Moi est singulier (≠ cogito, Descartes ne considère personne en particulier), il traite de l'amour et l'affect (Descartes de la connaissance théorique).
Pascal conclut "On n'aime donc jamais personne". car le Moi substance est introuvable.
Mais dans les fragments 455, 457 et 476 des Pensées, Pascal utilise le vocabulaire de Descartes pour infléchir en un sens moral et religieux.
Il tourne autour de la notion de rôle, tenu en fonction d'autrui : forger son identité à partir de modèles, de valeurs... Certains se sentent exister en adhérant aux valeurs d'un groupe auquel ils veulent appartenir : se subjectiver en se desubjectivant.
Nous sommes en devenir, identité non fixée, nous pouvons faire de nous un être honteux, assumant, actif, passif... Ainsi personne n'est inventoriable, c'est une liberté.
La question Qui suis-je? ramène à Qui veux-je être?
-> Aimer quelqu'un, c'est l'aimer sans raisons suffisantes. Aimer qu'il soit. (ex de l'amour filiale : aimer le voir se développer). C'est la formule même de St-Augustin sur l'amour : il porte une part d'opacité. Le désir d'être aimé est le plus universel, il paraît fondamental.
Freud : "nous ne pouvons aimer que dans la mesure où nous avons été aimé" -> les parents éduquent leurs enfants comme ils l'ont été -> circularité du sentiment amoureux.
